Information importante
Date limite de l'appel de texte: dimanche 10 mai 2026 à 23h59.
Les textes doivent être envoyés à : marianne.alexandre.1@ulaval.ca ou joannie.blais.5@ulaval.ca
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OBSTACLES ET PERSPECTIVES :
ÉTUDES DÉCOLONIALES : Un aperçu de recherches actuelles
L’objectif de ce numéro est d’aborder les perspectives et recherches actuelles des étudiant·e·s en sciences sociales se penchant sur le colonialisme et le décolonialisme. Alors que « la colonialité est loin d’être derrière nous : elle est partout autour de nous » (Michelle K. dans Mignolo, 2021), il est primordial que les sciences sociales en général, et la sociologie en particulier, s’attardent à en analyser les différentes facettes, les implications pour le travail académique et les moyens déployés par les acteur·rice·s pour y faire face. Différentes approches se sont intéressées à la persistance de la colonialité de diverses manières – que l’on pense aux études anticoloniales, aux études postcoloniales ou aux études décoloniales, pour n’en nommer que quelques-unes. Par colonialité, on entend « un type de pouvoir qui, né du colonialisme moderne » (Hurtado López, 2017: 43), remonte au moins au 15e siècle. La colonialité a survécu au colonialisme moderne et « a prouvé qu’elle était plus profonde et durable que lui » (Hurtado López, 2017: 43).
De nombreuses zones géographiques sont alors d'intérêt, mais surtout de nombreux objets. Plusieurs auteur·rice·s se sont intéressés à l’État colonial et à sa relation avec les populations colonisées; pensons aux analyses des stratégies déployées par l’État canadien d’Alfred (2023). De nombreuses études se sont aussi penchées sur l’articulation entre le colonialisme et d’autres systèmes de pouvoir, tels que le capitalisme et le patriarcat, comme les travaux de James (1974/2024). D'autres travaux se concentrent eux aussi sur des considérations plus structurelles, mais relevant plutôt des discours et de la construction du savoir. Pensons à l'étude des systèmes discursifs liés à la race de Hall (1994/2019), à l'épistémologie frontalière de Mignolo (2013) ou encore à l'analyse de la violence épistémique de Spivak (1988/2020). On peut penser également aux travaux s’intéressant plus directement au vécu des sujets coloniaux, comme ceux de Fanon (1952) qui exposent les effets psychoaffectifs que la situation coloniale a sur la manière de se rapporter à soi et à l’autre. L’étude de résistances face à différentes expressions du système (néo)colonial est aussi une voie intéressante et largement mobilisée, comme les travaux de Coulthard (2014/2021) sur certains mouvements autochtones au Canada. Loin d’être exhaustif, ce portrait partiel se veut plutôt une exposition d’une diversité de facettes pouvant être traitées par ce large champ d’études, ainsi que dans ce numéro.
Nous invitons donc les étudiant·e·s en sociologie, mais aussi en sciences humaines et sociales, tous cycles confondus, à nous faire part de leurs travaux qui analysent les expressions actuelles de la colonialité dans une sphère ou l'autre de la vie sociale, ou qui se penchent plutôt sur les voies de résistances. Les propositions attendues pourront adopter une variété d’approches et prendre diverses formes, comme des réflexions théoriques ou méthodologiques, des analyses critiques, des études de cas ou encore des comptes-rendus d’ouvrages.
Nous invitons donc toute personne intéressée à soumettre sa proposition de texte et son résumé par courriel à la direction du numéro au marianne.alexandre.1@ulaval.ca (elle, accords féminins) et au joannie.blais.5@ulaval.ca (elle, accords féminins) au plus tard le 10 mai 2026 à 23h59.
Tous les textes reçus seront soumis à un processus d’évaluation par les pairs.
Le processus d’évaluation est assuré par des membres du Comité de direction, des étudiant·e·s et des chercheur·e·s détenant une maîtrise des thématiques concernées, et prend quelques mois. Une section varia pourra accueillir des comptes-rendus et des essais sur des sujets alternatifs.
Normes d’édition :
Les articles et essais doivent respecter les normes d’édition de la revue, sans quoi ils ne seront pas considérés pour la prochaine étape d’évaluation. Les normes d’édition sont disponibles sur le site web de la revue : https://www.aspects-sociologiques.soc.ulaval.ca/politiques-editoriales
La revue
Aspects sociologiques est la revue scientifique des étudiant·e·s du département de sociologie de l’Université Laval. Depuis 1992, elle offre l’opportunité d’une première publication scientifique aux étudiant·e·s. Par la publication de numéros et l’organisation d’activités à caractère académique (conférences, colloques, tournages vidéo, etc.) la revue crée des lieux de réflexion sur des sujets et enjeux sociaux.
Comité de direction de la revue pour l’année 2025-2026 :
- Direction : Zachary Gagnon, maîtrise en sociologie
- Adjointe de direction : Marianne Laverdière, maîtrise en sociologie
- Rédaction en chef : Raphaëlle Bouchard, maîtrise en sociologie
- Édition : Chloé Giroux, baccalauréat en sociologie
- Distribution : Etienne Baby, baccalauréat en sociologie
- Communication : Joannie Blais, maîtrise en sociologie
- Trésorerie/secrétariat : Magali Pothin, maîtrise en sociologie
- Édimesterie : Camille Lemieux, baccalauréat en sociologie
Références
Alfred, T. (2023). It’s All about the Land: Collected Talks and Interviews on Indigenous Resurgence. University of Toronto Press.
Coulthard, G. S. (2021). Peau rouge, masques blancs : Contre la politique coloniale de la reconnaissance. Lux Éditeur. (Œuvre originale publiée en 2014)
Fanon, F. (1952). Peau noire, masques blancs. Éditions du Seuil.
James, S. (2024). Sexe, race et classe: La stratégie de l’autonomie. Éditions de la Rue Dorion. (Œuvre originale publiée en 1974)
Hall, S. (2019). Race, ethnicité, nation : Le triangle fatal. Éditions Amsterdam. (Œuvre originale publiée en 1994)
Hurtado López, F. (2017). Universalisme ou pluriversalisme ? Les apports de la philosophie latino-américaine. Tumultes, 48(1), 39-50. https://doi.org/10.3917/tumu.048.0039
Mignolo, W. (2013). Géopolitique de la sensibilité et du savoir. (Dé)colonialité, pensée frontalière et désobéissance épistémologique. Mouvements, 1(73), 181-190. https://doi.org/10.3917/mouv.073.0181
Mignolo, W., Traduit de l’anglais (États-Unis) par Bigé, E. (2021). Parce que la colonialité est partout, la décolonialité est inévitable. Multitudes, 84(3), 57-67. https://doi.org/10.3917/mult.084.0057
Spivak, G. C. (2020). Les subalternes peuvent-elles parler? Éditions Amsterdam. (Œuvre originale publiée en 1988)